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Forum National de l’Arbitrage

L’arbitre, le public et les medias…

01/10/2004
En préambule des Journées Nationales de l’Arbitrage qui se dérouleront ce week-end, un forum sur le thème « l’arbitre, ce célèbre inconnu : les relations de l’arbitre avec le public et les media » était organisé jeudi soir à la Maison du Sport Français à Paris. Animés par Bernard Pivot et en présence d’arbitres, de sociologues, d’entraîneurs, de journalistes et des présidents des quatre fédérations (football, handball, rugby et basket), les débats furent riches en enseignements.&#13; &#13; <i>photo : Chantal Julien entourée de Pascal Garibian et Bernard Pivot (de dos). (FFBB/J.Gueu)

C’est dans une ambiance feutrée et détendue que Bernard Pivot a ouvert le Forum National de l’Arbitrage en proposant « sa » définition du mot « arbitre » : « Il n’y a pas de sport sans arbitre. L’arbitre est mal connu car c’est un homme de silence ». Après les remerciements de coutume de Jean-Paul Clémencon (Directeur du cabinet du Président du CNOSF) et de Daniel Fontaine (Président du Conseil d’Administration de But), Bernad Pivot et le philosophe Alain Finkielkraut ont entamé les discussion autour de la place de l’arbitrage dans la société. En effet, avant de parler d’arbitrage dans le sport, il convient de rappeler qu’il n’y aurait pas de société viable sans arbitres. Bernard Pivot tenant même à préciser « A cause de la télévision, le public est devenu infaillible ».



La première table ronde sur le thème « les relations de l’arbitre avec le public » permit aux différents arbitres d’expliquer leur choix de devenir arbitre. Chantal Julien, ancienne joueuse de haut niveau, se justifiait ainsi : « C’est un choix personnel de se reconvertir vers l’arbitrage alors que j’étais joueuse. Ensuite, on reste arbitre par passion ». Lucien Legrand tenait lui à préciser le rôle de l’éducateur auprès des jeunes : « Il faut établir une relation de confiance et de communication avec les jeunes en leur inculquant les notions d’éducation et de règles du jeu. Il doit y avoir un respect du dialogue avec l’arbitre afin d’instaurer un climat de confiance. C’est à l’entraîneur de prendre contact avec l’arbitre. Ce qui est important, c’est de ne pas tomber dans l’excès. L’entraîneur doit calmer la situation, il doit être un catalyseur d’énergie. »



Les différents intervenants ont ensuite pu commenter les résultats d’une enquête menée auprès de 1000 personnes sur leur vision de l’arbitrage. On a ainsi pu constater que la perception de la qualité de l’arbitrage était favorable (76%), que les principales qualités de l’arbitre étaient « l’impartialité et l’honnêteté ». Concernant les principales difficultés des arbitres, outre l’impossibilité de revoir l’action, Chantal Julien fit remarquer que « le principal défaut des arbitres, c’est de ne pas laisser le jeu se dérouler. L’arbitre doit occulter le public et laisser jouer le plus possible. » Quant à l’image de l’arbitre auprès du public et des spectateurs, Serge Lejeune y travaille à travers sa section (UNCSB) qu’il a créée il y a huit ans au Mans : « On souhaite le dialogue et le respect de l’arbitre. On explique aux supporters les changements de règles, les difficultés de l’arbitrage et on met en place une charte du fair-play. »



Après une brève conclusion du philosophe Finkielkraut, Bernard Pivot proposa à l’assemblée un petit quiz sur des décisions arbitrales dans chacun des quatre sports. Mais l’assemblée, visiblement très au fait des règles, ne se fit pas prendre au piège en répondant correctement.



La deuxième table ronde sur le thème « les relations de l’arbitre avec les media » fut plus animée avec les journalistes d’un côté et les arbitres de l’autre. Néanmoins, les deux parties purent échanger leurs différents points de vue. Lorsque Bernard Pivot parla de « starisation de l’arbitre », Pierre-Yves Bichon préféra plutôt lui parler de « référent dans l’arbitrage. Il faut des arbitres locomotives dans chaque sport pour développer l’arbitrage. Un bon arbitre est un arbitre transparent. » Le président Mainini, favorable à la communication, tenait lui à préciser que « la gestuelle des arbitres était importante et que le discours devait être clair. » avant de conclure sur cette belle phrase « l’humilité n’exclue pas l’excellence ». Après avoir souligné le « courage » des arbitres, Henri Sérandour conclut la séance en soulignant la richesse des débats.



Intervenants de la première table ronde sur le « les relations de l’arbitre avec le public »

Chantal Julien (Arbitre de basket)

Pascal Garibian (Arbitre de football)

Pierre Bonhoure (Arbitre de handball)

Serge Lejeune (Président de l’Union Nationale des Clubs des Supporters de Basket)

Jean-François Stein (Responsable du laboratoire « Action, Mouvement, Performance » de l’INSEP)

Lucien Legrand (Directeur du Centre Fédéral de BasketBall, entraîneur de l’Equipe de France cadets championne d’Europe)



Intervenants de la deuxième table ronde sur « les relations de l’arbitre avec les medias »

Bertrand Layec (Arbitre de football)

Pierre-Yves Bichon (arbitre de basket)

Olivier Buy (Arbitre de handball)

Pierre Peyronnet (Journaliste sportif TF1)

Christophe Pacaud (Journaliste sportif RTL)

Rémy Fiere (Journaliste sportif L’Equipe Magazine)



Sont intervenus au cours des débats

Alain Finkielkraut (Philosophe, écrivain, professeur à l’école Polytechnique)

Claude Simonet (Président de la FFF)

Marc Batta (Directeur Technique de l’arbitrage du football français)

Frédéric Thiriez (Président de la LFP)

Yvan Mainini (Président de la FFBB)

Henri Sérandour (Président du CNOSF)



Julien GUEU

Service de Presse FFBB

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